Traversée du portail

Légende 6 sur 14 de la série L'incursion d'Uldren dans le Jardin Noir
 

Ils rampent à plat ventre comme des vers dans le désert martien. Des ponchos de camouflages actifs masquent leurs mouvements. Les Moissonneurs cabals grognent à l’horizon. Cela fait huit heures que Jolyon liquide l’infanterie des Cabals avec son fusil, fuyant ensuite la riposte automatique qui s’ensuit. Uldren a entendu, sur les réseaux de combat qu’il a piraté, que des armes plus puissantes étaient invoquées et allaient être amenées. La machine de guerre est désormais enflammée, enflée par l’affront.

Jolyon touche la cheville d’Uldren. Ses doigts pianotent une question codée. Quelle distance ?

« Cinquante mètres, chuchote Uldren. Si les Vex savent que nous sommes là, ils n’ont pas… »

L’air fourmille. Des grognements subsoniques de puissance font remuer le sable. Quelque chose de puissant s’éveille au-dessus d’eux. « J’ai rien dit », murmure Uldren. Les Vex ont réagi.

Il jette son poncho et se relève, révolver et grenade de déviation dans les mains, poussant un hurlement de défi. Devant eux dans le désert martien se trouve le cerceau cranté et incliné du portail vers le Jardin noir, suffisamment large pour y faire passer un Skiff déchu. Il est électrisé par l’énergie infinie.

Hors de cette ouverture émerge la silhouette gigantesque d’un Maître des clés vex, autoassemblage d’esprit et de métal prêt à défendre cet endroit secret. Les Vex naissent ici, c’est ici qu’ils sont baptisés en quelque sorte : ils sont mis au service d’un objectif terrible que les machines ont découvert en elle.

« Hé, mon gros !, hurle Uldren. Par ici ! »

Calme et attentif, Jolyon Till le Rachis commence à tirer droit vers le ciel avec son fusil. Les restes des énormes cartouches du Suprématie s’étalent dans les dunes.

Le Maître des clés les toise. Uldren pousse des cris et tire quelques fois dans le sable à ses pieds. « Pouvez-vous danser, monsieur, beugle-t-il. Faites-moi voir votre jeu de jambes ! »

Au cœur de l’entité vex, de puissants algorithmes construisent un modèle de ce simple endroit temporel, évaluant la menace potentielle, et comparant l’utilité de décharger des armes avec l’usage qui pourrait être fait ailleurs de cette force. C’est à ce calcul seul qu’Uldren doit la vie.

Le micro guttural d’Uldren branché sur les canaux tactiques des Cabals s’éveille. Ils ont localisé le bruit du fusil de Jolyon et s’apprêtent à riposter. Il braille aux pieds du béhémot vex et se met à danser. « Il va pleuvoir sur Mars ! Ce sera bientôt la mousson sur la Baie du méridien ! Tu n’as pas regardé les prévisions météo ? »

Il attrape Jol par la main et le tire vers lui. Ensemble, ils courent vers le Maître des clés et l’objet de sa vigilance. La machine vex sait ce qui l’attend, mais il doit évaluer le danger des diverses menaces : pour les Cabals, c’est une certitude, pour ces deux particules microbiotiques, la probabilité est infime.

Le Maître des clés lève son arme pour les oblitérer.

Ils glissent vers le seuil du portail et Uldren active si fort la grenade de déviation qu’il manque de se briser le pouce. Une sphère parfaite d’espace-temps topologiquement défectueux apparaît autour d’eux. Il serre Jolyon près de lui, et ensemble, ils contrôlent leur respiration. La barrière est impénétrable, mais elle ne durera pas longtemps. Et d’ici là, elle ne contient pas une quantité d’air infinie.

Au-dehors, la fureur d’un transporteur de troupes cabal se déchaîne sur le Maître des clés.

Lorsque la barrière s’estompe, le Maître des clés est mort, et Uldren et Jolyon ne se trouvent plus sur Mars.

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Références